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L’entretien et la protection des cours d’eau sur notre réseau

Publié le 23.04.2020

Parmi tous les grands chantiers en cours sur les réseaux APRR et AREA, ceux qui concernent la restauration des cours d’eau sont menés en toute discrétion, à l’abri des regards des clients de l’autoroute. Ces opérations sont pourtant essentielles pour assurer la continuité écologique et de redonner vie aux différents cours d’eau traversés par les réseaux autoroutiers. Pour en parler, Sarah Dalmais, responsable de domaine environnement au sein du groupe APRR.

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L’entretien et la protection des cours d’eau sur notre réseau

Restaurer la continuité écologique des cours d’eau : une mission capitale pour préserver la biodiversité autour de notre réseau

Parce qu’elles traversent de nombreux territoires, nos autoroutes peuvent venir perturber les milieux aquatiques. Si, aujourd’hui, les impacts écologiques de chaque nouvelle construction sont systématiquement réduits ou compensés, cela n’a pas toujours été le cas. Jusqu’aux années 1990, il n’était pas rare de « déplacer » un cours d’eau pour laisser place à la route : détournements de rivières, canalisations en béton brut sous autoroute – les fameux dalots [petit canal dallé, servant à l'écoulement des eaux] –, buses…

« Quand on déplace une rivière, on modifie sa forme, son linéaire et on change les conditions de vie. On supprime des zones d’ombres ou de lumière, on élimine des méandres ce qui accélère le courant et crée des chutes.… On altère la diversité des milieux. Les conséquences sur la morphologie, sur l’hydrologie et sur la qualité chimique de l’eau sont nombreuses et mettent en péril la survie des espèces végétales et animales », explique Sarah Dalmais.

Ainsi, pour restaurer les milieux aquatiques, le groupe APRR agit en collaboration avec les acteurs locaux afin d’identifier les actions à mener. En effet, chaque cas est unique et dicte le type d’interventions à conduire. « Nous réfléchissons toujours, en premier lieu, à la suppression pure et simple de l’obstacle. Si ce n’est pas possible, alors nous mettons en place une série d’aménagements spécifiques pour rétablir la continuité écologique : enrochements des dalots, rétablissement d’une pente douce pour le cours d’eau, etc. ». Entre la phase d’étude et la fin des travaux (validée par un agrément délivré par l’Office français de la biodiversité), les programmes de réhabilitation peuvent ainsi durer plusieurs années.

Quelques exemples d’opérations récentes ou en cours

Dans l’Ain, les écrevisses du Vau (Ain) nagent à nouveau dans le bonheur

Cinq obstacles successifs sur le Vau ont été traités en 2019. Un dalot (structure en béton de 3 à 4 mètres de large permettant de faire circuler l’eau sous la chaussée) a tout d’abord été réaménagé : « Même s’il laisse passer l’eau, un dalot est un obstacle car il s’agit d’une structure en béton qui, quand elle est laissée brute, n’est pas propice au développement d’un habitat piscicole. Pour le rendre « vivable », nous disposons sur le sol des rondins de bois qui retiennent les alluvions, créent des turbulences comme dans le lit d’une rivière naturelle. » C’est ce type d’aménagement qui a été pratiqué sur le dalot du Vau. Des travaux ont également permis de supprimer une succession de trois seuils et de les remplacer par une rampe en enrochements régulièrement répartis permettant ainsi la circulation piscicole. Le sol du dalot a ainsi été remis au niveau du lit de la rivière. En amont, des buses qui entraînaient une chute d’une hauteur d’un mètre trente, ont été supprimées et remplacées par un autre dalot. « Avant les travaux, nous effectuons systématiquement une pêche de sauvetage sur le site afin de prélever le maximum d’espèces et les déplacer en aval. A cette occasion, nous avons remarqué une forte population d’écrevisses à pieds blancs, une espèce rare et très fragile. », précise Sarah Dalmais.

Retour au calme programmé pour la Bourbre (Isère) et le Viéran (Haute-Savoie)

Les travaux sont toujours en cours sur la rivière la Bourbre dans l’Isère. Ils concernent plusieurs secteurs aux problématiques différentes. Un obstacle créé par un ancien moulin a été totalement supprimé. Idem pour des canalisations d’eaux usées qui traversaient le lit de la rivière et formaient un mini-barrage (les canalisations ont été enfouies). Un double dalot est par ailleurs en phase de réhabilitation. En Haute-Savoie, un gros chantier s’annonce sur le Viéran. Raccourcie lors de la construction de l’autoroute (400 mètres en moins !), la rivière présente aujourd’hui des pentes très sévères et plusieurs chutes d’eau : « Une pente importante accélère la vitesse de l’eau ce qui a pour effet de creuser le lit de la rivière et donc de déstabiliser les berges. Nous étudions actuellement les aménagements possibles pour rééquilibrer le site. Nous envisageons notamment de réaliser un contournement, de créer une rivière bis en pente douce. »