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Savez-vous...comment se forme un bouchon ?

Publié le 02.09.2015

Hantise des automobilistes, le bouchon autoroutier est un phénomène aujourd’hui bien expliqué. Entretien avec Christine Buisson, chercheuse à l’IFSTTAR, Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux.

Bouchons
Découvrez comment se forment les bouchons !

Comment se forment les bouchons ?

Christine Buisson : Ils appartiennent à la catégorie des « problèmes de tuyauterie ». Imaginez une baignoire : lorsque le robinet est à moitié ouvert, l’eau s’évacue au fur et à mesure. Si le débit augmente, la baignoire ne se vide plus assez vite et l’eau s’accumule. C’est la même chose sur une autoroute : tant que le débit de voitures est inférieur à la capacité d’un tronçon ou d’un tunnel, tout va bien. Lorsque le débit dépasse cette capacité, par exemple lors des départs en vacances, un bouchon se crée et dure aussi longtemps que le trafic est important.

Que se passe-t-il en cas d’accident ?

CB : Les accidents ne causent pas systématiquement de bouchons. Prenons l’exemple de M. Dupont qui prend l’autoroute avec sa caravane un jour de départ en vacances. Sa caravane se détache. À 3 heures du matin, cela n’a aucune conséquence sur les rares automobilistes qui circulent. En revanche, plus tard dans la journée, lorsque la circulation se sera densifiée, l’accident créera immanquablement un goulet d’étranglement.

Arrive-t-il qu’un bouchon naisse sans cause apparente ?

CB : ll y a toujours une cause, même éphémère. Reprenons l’exemple de notre vacancier. Sa voiture, qui tracte une caravane, peine à gravir une côte. Le camion qui la suit décide de la dépasser, ce qui lui prend de longues minutes. Pendant ce temps, la circulation ralentit sur deux voies. La perte d’écoulement s’est installée et le bouchon commence à se constituer. Parfois, la cause est plus discrète : un automobiliste, surpris par un autre véhicule, freine. Derrière lui, un autre sur-réagit, et freine plus fort encore. En quelques instants, un ralentissement se crée si le trafic total est important.

Ralentir la vitesse maximale autorisée limite-t-il le risque d’engorgement de la circulation ?

CB : Plus la vitesse autorisée est élevée, plus la différence d’allure est importante entre les 3 voies. Conséquence : les automobilistes délaissent souvent la voie de droite de peur de rester bloqués derrière un véhicule lent. Ce phénomène réduit la capacité totale de l’autoroute, comme s’il n’y avait plus que 2 voies de circulation. En abaissant la vitesse maximale, on incite les automobilistes à réinvestir de façon spontanée les trois voies. Paradoxalement, lever le pied permet d’arriver plus vite à destination !

Combien de temps faut-il pour qu’un bouchon disparaisse ?

CB : Un ralentissement ne s’arrête pas aussitôt que sa cause initiale a disparu. Si l’on prend l’exemple d’un accident, il ne suffit pas d’évacuer le véhicule qui fait obstacle pour stopper la perte d’écoulement. Il faut en effet du temps pour que les automobilistes ralentis par le bouchon retrouvent la vitesse autorisée de 130 km/h. Cela freine les conducteurs qui les suivent et prolonge le ralentissement. Le bouchon va ainsi, au fil des heures, se déplacer, remonter la circulation en « glissant » vers l’amont. En théorie, un bouchon peut ne jamais disparaître tant que la circulation est surchargée !

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