Allez au contenu , Allez à la navigation

ESPACE CLIENT
Pour profiter de tous vos services : factures, trajets, alertes...
Se connecter
>
> Casser la voie... pour mieux la reconstruire

Casser la voie... pour mieux la reconstruire

Publié le 06.10.2014

Chaque année, les portions de voies usées sur le réseau sont renouvelées. Un travail conséquent qui nécessite d’évaluer l’usure en amont et de poser, lors des travaux, le revêtement le plus adapté afin de limiter l’usure au fil du temps. Explications.

voie.jpg
Comment entretient-on le revêtement des voies d’autoroute ?

Rénover les voies usées

Entre la fin de l’hiver et la fin de l’automne, le revêtement de portions entières de voies est remplacé. En effet, la couche supérieure, appelée couche de roulement, s’use naturellement. Elle doit être changée en moyenne tous les 16 ans. « La tâche est lourde : il faut enlever l’ancienne couche puis en poser une nouvelle en choisissant l’enrobé le plus adapté », explique Michel Charrat, Chef du département infrastructure, programmation et travaux chez APRR & AREA.

L’enrobé est le mélange de granulats (petits fragments de roches), de sable et de bitume qui compose la chaussée. Pour chaque portion de voie, le choix de l’enrobé est le fruit d’un compromis.

  • Plus les granulats qui constituent l’enrobé sont gros, mieux ils laisseront passer l’eau. On obtient ainsi un enrobé drainant, adapté aux régions pluvieuses car il limite les phénomènes d’aquaplaning. Mais cet enrobé drainant ne peut être utilisé en altitude du fait de sa porosité qui le rend impossible à déneiger.
  • À l’inverse, lorsqu’il est composé de petits granulats, l’enrobé est facile à déneiger mais l’adhérence pour les véhicules est alors plus faible en cas de pluie.

Au final, la difficulté consiste à choisir l’enrobé optimal compte tenu des nombreuses contraintes qui pèsent sur chaque portion d’autoroute du réseau.

Une usure inégale

Et sous la couche de roulement ? On trouve successivement : la couche de liaison et la couche de structure. La couche de liaison est, au fil des années, altérée par le passage des poids lourds. Sa durée de vie est très variable. « Aujourd’hui, chez APRR & AREA, la politique est de renouveler systématiquement la couche de liaison en même temps que la couche de roulement », explique Michel Charrat.

La couche de structure, quant à elle, n’a jamais été renouvelée depuis la construction des autoroutes. Cependant, cette couche profonde, qui supporte la charge des véhicules, subit sur le long terme un phénomène de fatigue. Elle peut alors perdre sa cohésion et ne joue plus son rôle de support des couches supérieures. Des ornières peuvent ainsi apparaitre à cause de la pression exercée essentiellement par les poids lourds qui roulent toujours au même endroit sur la voie lente.

Une étude pour optimiser l’entretien des voies

Afin de mieux comprendre les phénomènes d’usure, une étude est menée, depuis 3 ans, sur le réseau APRR en collaboration avec l’ENTPE (École Nationale des Travaux Public de l’État) et Eiffage.

Pour mener à bien ces recherches, une zone instrumentée est mise en place. Habituellement, des mesures sont réalisées par un engin équipé d’un laser capable de scruter les voies pour détecter les éventuelles fissures ou les ornières, et localiser les sections les plus usées. Cette fois, des capteurs sont insérés dans les différentes couches des voies afin de mesurer la déformation au passage d’un poids lourd et l’évolution du revêtement dans le temps. Une première en France sur autoroute ! « Cette innovation vise à approfondir notre connaissance de la durée de vie des différentes couches mais aussi à comparer l’efficacité des technologies de mesures existantes », souligne Michel Charrat.

Une innovation qui permettra d’améliorer encore la qualité des voies du réseau pour le plus grand confort et la sécurité des conducteurs !


À voir aussi